Les nouvelles frontières de l’inégalité

Les nouvelles frontières de l’inégalité. Hommes et femmes sur le marché du travail
Margaret Maruani (dir.),
Paris, La Découverte, 1ère édition 1998, 2ème édition 1999, 283 pages.

Ouvrage traduit en 4 langues : anglais, allemand, espagnol et portugais.

Trois pas en avant, deux pas en arrière : la situation comparée des hommes et des femmes sur le marché du travail n’est pas facile à caractériser. En la matière, aucun constat simple n’est sérieux. Depuis trente ans, nous avons connu de véritables bouleversements qui ne sont pas pour autant des ruptures, des brèches décisives qui ne sont pas définitives. La féminisation du marché du travail est réelle, mais inachevée, inaboutie tant elle s’est faite sous le sceau de l’inégalité et de la précarité. C’est une situation éminemment mouvante et instable que cet ouvrage collectif cherche à analyser : en s’appuyant notamment sur des comparaisons européennes, les auteur-e-s, qui comptent parmi les meilleurs spécialistes du sujet, explorent les nouvelles frontières de l’inégalité et tentent une cartographie des différences de sexe sur le marché du travail. A partir d’une présentation systématique des très nombreux travaux de recherche menés depuis des années en Europe – qui sera particulièrement utile aux étudiants et aux chercheurs -, les auteur-e-s mettent en évidence les grandes tendances à l’œuvre. L’irruption de la crise de l’emploi, l’instal­lation d’un chômage massif, durable et structurel n’ont pas interrompu la progression de l’activité féminine. Entamée au début des années soixante, la féminisation du salariat se poursuit, inexorablement, mais sans enclencher de véritable rupture avec les processus de production des inégalités de sexe. Il est peu de domaines où une mutation sociale d’une telle ampleur s’est effectuée sur un fond d’inégalités aussi coriaces. Nous nous trouvons ainsi à un tournant de l’histoire de l’emploi féminin : une période faite de contrastes et de paradoxes, de progressions évidentes et de régressions impertinentes, de mouvements et de vents contraires dont on évalue mal l’issue. Tous comptes faits, rien n’est joué.
Ce livre est publié à l’initiative de MAGE, Groupement de recherche « Marché du travail et genre » créé au CNRS. Comme tous les GDR, il s’agit d’une fédération de laboratoires et de chercheurs constitués autour d’un champ de recherche.

Ont contribué à cet ouvrage :
Philippe Alonzo, Christian Baudelot, Maria-Carmen Belloni, Jean-Yves Boulin, Marlaine Cacouault, Anne-Marie Daune-Richard, Annick Durand-Delvigne, Marie Duru-Bellat, Colette Fagan, Geneviève Fraisse, Delphine Gardey, Françoise Gaspard, Annie Gauvin, Ariane Hegewisch, Helena Hirata, Annie Junter-Loiseau, Danièle Kergoat, Michel Lallement, Marie-Thérèse Lanquetin, Jacqueline Laufer, Jane Lewis, Olivier Liaroutzos, Catherine Marry, Margaret Maruani, Danièle Meulders, Jacqueline O’Reilly, Chantal Rogerat, Jill Rubery, Sylvie Schweitzer, Rachel Silvera, Teresa Torns et Sylvia Walby.

SOMMAIRE

INTRODUCTION par Margaret Maruani

Première partie
Les chemins de la mixité :
éducation, qualification, métiers
Sous la responsabilité de Marlaine Cacouault et Catherine Marry

Introduction par Marlaine Cacouault
Variations sur les métiers féminins et masculins

Perspectives historiques
par Delphine Gardey

Chercher les femmes au travail
par Sylvie Schweitzer

Qualifications et représentations sociales,
par Anne-Marie Daune-Richard

Secrétaires, des carrières À la traîne
par Philippe Alonzo et Olivier Liaroutzos

La comparaison France-Allemagne à l’épreuve des femmes
par Catherine Marry

Mixité scolaire et construction du genre
par Annick Durand-Delvigne et Marie Duru-Bellat

La division sexuelle du travail revisitée
par Helena Hirata et Danièle Kergoat

Deuxième partie
Heurs et malheurs de la citoyenneté :
politiques publiques et stratégies des acteurs
Sous la responsabilité de Jacqueline Laufer

Introduction par Jacqueline Laufer :
Entre sphère publique et sphère privée : les enjeux des droits des femmes

L’égalité professionnelle : le droit à l’épreuve des faits
par Marie-Thérèse Lanquetin

Les salaires : toutes choses inégales par ailleurs ?
par Rachel Silvera

Politique familiale et marché du travail :
le cas de la Grande-Bretagne dans une perspective européenne,
par Jane Lewis

Domesticité, emplois de service et démocratie,
par Geneviève Fraisse

Famille et emplois de service
par Michel Lallement

Du temps de travail au temps de la ville
par Maria-Carmen Belloni, Jean-Yves Boulin et Annie Junter-Loiseau

Invisibles, diabolisées, instrumentalisées :
figures de migrantes et de leurs filles,
par Françoise Gaspard

Troisième partie
La flexibilité plurielle : (in)activité, précarité, chômage
Sous la responsabilité de Chantal Rogerat et Rachel Silvera

Introduction par Chantai Rogerat
Les malmené-e-s de l’emploi

Le surchômage féminin à la lumière des comparaisons européennes
par Annie Gauvin

Chômage et tolérance sociale à l’exclusion : le cas de l’Espagne
par Teresa Torns

À mi-chemin entre l’Amérique et l’Europe, les femmes et le chômage en Grande-Bretagne
par Ariane Hegewisch

La flexibilité en Europe,
par Danièle Meulders

Les figures emblématiques de l’emploi flexible
par Sylvia Walby

Le temps partiel aux Pays-Bas, en Allemagne et au Royaume-Uni : un nouveau contrat social entre les sexes ?
par Colette Fagan, Jacqueline O’Reilly et Jill Rubery

CONLUSION par Christian Baudelot
Rien n’est joué…

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